Contexte et enjeux
Liverpool a battu Everton 2-1 au Hill Dickinson Stadium, resserrant un derby où les deux clubs se disputaient une pertinence européenne. Everton, désormais sous la direction de D. Moyes, a utilisé son nouveau stade pour se rapprocher de la conversation continentale, tandis que Liverpool, réajusté par le 4-2-3-1 d'A. Slot, reste derrière Arsenal et Manchester City dans la course au titre et à l'affût d'Aston Villa et Manchester United pour la chasse à la Ligue des champions. Cette dernière rencontre pourrait-elle remodeler leurs trajectoires printanières ?
Récit du match
Le ton s'est altéré rapidement. Jordan Pickford a reçu un carton jaune à la 22e minute après avoir protesté trop longtemps, une brève flambée dans une première mi-temps qui bouillonnait plus de détails que de spectacle. Jake O’Brien a cru avoir renversé la tendance avec une finition à la 28e minute, mais le VAR est intervenu. Quelques secondes plus tard, Mohamed Salah a frappé, reprenant le centre de Cody Gakpo à la 29e minute pour récompenser le contrôle territorial de Liverpool. Une fois le triangle large de Salah, Gakpo et Andy Robertson en marche, le schéma semblait inquiétant.
Moyes a provoqué une réponse après l'intervalle. La pression qu'Everton a su créer grâce à l'intensité au milieu de Kiernan Dewsbury-Hall a enfin porté ses fruits lorsque Beto a égalisé à la 54e minute, l'attaquant reprenant la passe de Dewsbury-Hall. Slot a rapidement réagi : Giorgi Mamardashvili a laissé sa place à Freddie Woodman à la 58e minute, Alexander Isak a cédé sa place à Rio Ngumoha à la 72e, et Alexis Mac Allister a remplacé Florian Wirtz à la 84e. Everton, quant à lui, a perdu son point focal lorsque Beto est sorti à la 73e minute, Thierno Barry étant sollicité pour faire face à une défense retrouvant son équilibre.
Le temps s'est épaissi. Moyes a introduit Tyrique George à la place de Dwight McNeil à la 80e minute et Michael Keane à la place de l'infirmer Jarrad Branthwaite à la 87e, mais la rotation de Liverpool a restauré le contrôle. Dominik Szoboszlai, solide mais peu spectaculaire, a centré à la 90e minute que Virgil van Dijk a converti, une tête qui a finalement relâché la tension accumulée depuis l'ouverture du score de Salah. Le carton jaune de James Garner à la 90+12e minute, décerné après une faute fatiguée, a été la dernière ondulation d'un dénouement dans le temps additionnel qui a laissé le côté bleu murmurer face à une injustice perçue et le côté rouge se délecter d'un schadenfreude familier.
Focus tactique
La décision de Slot de titulariser Curtis Jones en tant que latéral droit a permis à Liverpool de surcharger les espaces centraux. Jones a régulièrement pénétré à l'intérieur, permettant à Salah et Gakpo d'isoler Vitaliy Mykolenko et d'étirer une ligne défensive déjà méfiante des courses en profondeur d'Isak. Le plan d'Everton restait nuancé : Dewsbury-Hall et Iliman Ndiaye doublaient Ryan Gravenberch, forçant le double pivot de Liverpool à recycler la possession, et l'égalisation est survenue précisément de cette pression — Dewsbury-Hall lisant une passe mal ajustée avant de glisser le ballon à Beto. Une fois Woodman entré, la construction de Liverpool s'est accélérée, et avec les entrées de Jeremie Frimpong et Miloš Kerkez à la 84e et 86e minutes, les visiteurs avaient enfin le rythme nécessaire pour percer une arrière-garde des Toffees de plus en plus fatiguée. Moyes pourrait se demander si le maintien de Beto sur le terrain aurait préservé le point d'appui d'Everton et empêché van Dijk et Ibrahima Konaté de s'infiltrer dans le milieu de terrain.
Aperçu des statistiques
- Everton a réalisé 10 tirs contre 14 pour Liverpool, avec respectivement quatre et six tirs cadrés.
- La possession s'est élevée à 56 % en faveur de Liverpool contre 44 %.
- Liverpool a tenté 491 passes et en a complété 410, tandis qu'Everton a tenté 370 passes dont 283 ont été réussies.
- xG : Everton 0,80, Liverpool 1,45.
- James Garner a mené le comptage des tacles avec huit, soulignant le labeur d'Everton malgré le carton tardif.
- Liverpool a obtenu six corners contre un seul pour Everton.
À venir
Pour Everton, cette défaite freine un élan juste au moment où le classement semblait ouvrir un chemin vers l'Europe. Moyes doit rapidement revitaliser un effectif qui a fait preuve d'orthodoxie et de combativité durant ses premières semaines, avec un autre test contre des adversaires comparables en perspective. Liverpool, de plus en plus rodé sous Slot, reste dans le sillage d'Aston Villa et Manchester United. Alors que le sprint final s'accélère, le défi est de transformer la catharsis du derby en une offensive soutenue sur les places de la Ligue des champions, au risque que cette héroïsme tardif ne s'efface en un souvenir isolé.







